Plan sécurité : le retour des policiers dans les quartiers
Valérie Brioux avec Eric Bureau
lundi 14 janvier 2008 | Le Parisien Ici
Michèle Alliot-Marie dévoile les grandes lignes du plan sécurité qu'elle
appliquera en Seine-Saint-Denis, département pilote, avant de l'étendre au pays. Parmi ces mesures : le renouveau d'une police au contact quotidien des habitants.
L'appellation est un peu pompeuse. La « conférence de cohésion » que présidera cet après-midi la
ministre de l'Intérieur en Seine-Saint-Denis devrait pourtant déboucher sur des mesures concrètes destinées à améliorer la sécurité et à renouer la confiance entre la police et les habitants de
ce département, berceau des émeutes de 2005 et régulièrement secoué par des flambées de violence. Face à un parterre d'élus locaux, responsables associatifs et personnels de l'Éducation nationale
rencontrés depuis l'été au gré de réunions informelles, Michèle Alliot-Marie détaillera à l'Institut des hautes études de la sécurité (Inhes), installé à Saint-Denis, une série de propositions
censées faire de la Seine-Saint-Denis « le laboratoire d'excellence de la police moderne ».
Ce « plan sécurité », dont elle nous dévoile les grandes lignes, marque entre autres la
renaissance de la police de proximité, pourtant torpillée par Sarkozy alors qu'il était Place Beauvau.
Une première expérimentation sera menée dans le quartier du Franc-Moisin à Saint-Denis, des Bosquets à Clichy-sous-Bois -
Montfermeil et des 4 000 à La Courneuve. « Ces unités territoriales de quartier, c'est en quelque sorte le retour de l'îlotage », confirme-t-on de source syndicale policière.
« Cela fait des années que l'on réclame ce retour à la police de proximité, se réjouit le maire communiste de La Courneuve,
Gilles Poux.
Disposer de policiers plus expérimentés et présents plusieurs années dans le quartier va permettre, je l'espère, d'améliorer les
relations avec la population qui ne voyait plus intervenir la police que dans l'urgence. »
Des « solutions originales »
Les rapports entre la police et les habitants de Seine-Saint-Denis sont « difficiles et empreints de tensions évidentes », selon une enquête de l'Inhes menée en 2006. Sa
divulgation au début de l'été avait suscité la polémique, ses auteurs insistant sur le « climat d'insécurité permanente » et la « déferlante de violence » dans ce département.
Quelques mois plus tôt, à l'automne 2006, le préfet de Seine-Saint-Denis lui-même avait dressé le même
constat alarmant d'une brutalité croissante.
Pour y remédier, Michèle Alliot-Marie propose donc une batterie de « solutions originales » pour fidéliser les policiers dans les
quartiers difficiles, mieux les former et les encadrer. Elle entend également les recentrer sur leurs missions premières, sur le terrain.
Les policiers de Seine-Saint-Denis seront ainsi, dès février, libérés des tâches de sécurisation des grandes manifestations
organisées notamment au Stade de France, qui mobilisent jusqu'à 200 policiers. La ministre dévoilera aussi d'autres initiatives en liaison avec la justice, l'éducation, le logement ou le milieu
associatif. Autant de mesures qui, si elles font leurs preuves, ont vocation à être étendues à d'autres quartiers difficiles en France, notamment dans quatre autres départements « prioritaires »
: Bas-Rhin, Rhône, Val-d'Oise et Val-de-Marne. Il y a urgence, comme en témoignent les habitants de Saint-Dizier (Haute-Marne), toujours sous le coup d'une nuit de violence urbaine en
octobre.
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